En 2024, on accélère et on construit l’alternative

27 Déc 2023

Ces dernières semaines, nous sommes toutes et tous mobilisé·es, notamment contre l’infâme loi « immigration », occasion ces derniers jours d’une nouvelle étape dans l’alignement du gouvernement sur les positions racistes du Rassemblement National autour de la préférence nationale, ainsi qu’en soutien au peuple palestinien victime de la guerre génocidaire d’Israël. C’est dans ce moment que nous avons tenu la deuxième édition du forum On construit l’alternative le samedi 16 décembre à Paris. L’objectif proposé dans l’appel du 2 juillet « Organisons-nous pour construire l’alternative », signé par plus de 500 militant·es politiques et du mouvement social, est confirmé : construire ensemble une nouvelle force politique démocratique, révolutionnaire et pluraliste, pour la justice, les égalités, les droits, les libertés et la démocratie.

Au programme des réflexions de cette deuxième rencontre nationale : la lutte contre l’impérialisme, contre l’islamophobie, l’antisémitisme et tous les racismes, contre la montée de l’extrême droite et de l’autoritarisme, le développement des luttes à la fois écologiques et sociales, le bilan de la NUPES, les élections européennes, l’articulation des pratiques du féminisme et de la démocratie, et des propositions pour la suite du processus.

Avec une participation plus modeste que le 2 juillet, le forum a réuni des militant·es, principalement d’Ensemble !, du NPA et de Rejoignons-nous, en présence également de militant·es du mouvement social ainsi que de militant·es de PEPS, de l’UCL et d’Alternative Communiste venus observer le processus. La journée a débuté par des interventions en plénière de représentantes de BDS (campagne Boycott Désinvestissement Sanction), du RESU (Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine) et de SURVIE (association de lutte contre la Françafrique) qui nous ont permis de faire un point sur les résistances populaires en Palestine, en Ukraine et dans les pays du Sahel, et de réaffirmer collectivement notre soutien aux luttes contre tous les impérialismes et pour l’autodétermination des peuples.

Les discussions en petits groupes ont permis des échanges riches et constructifs au sujet des questions décisives de notre moment politique. Dans la matinée, le premier groupe sur l’impérialisme a proposé à l’assemblée – qui a validé cette proposition – de rappeler notre soutien actif aux campagnes de BDS, du RESU et de SURVIE. Les participant·es au forum ont unanimement souligné leur accord sur ces principes politiques communs : l’autodétermination des peuples – à l’international mais aussi à l’intérieur des frontières françaises, la lutte contre tous tous les faits de colonialisme, l’importance du soutien à l’auto-organisation populaire en Palestine, en Ukraine, dans les pays du Sahel et ailleurs, bref : l’anti-impérialisme comme axe majeur de la construction d’une nouvelle force politique. Le deuxième groupe, sur la lutte contre les racismes, l’autoritarisme et l’extrême-droite, a rappelé la nécessité de s’organiser localement et de co-construire avec les quartiers populaires pour s’autodéfendre, de mener la bataille idéologique à tous les niveaux contre la banalisation de la xénophobie et de la répression, de faire le lien entre les luttes contre l’islamophobie, l’antiracisme, tous les racismes et pour les droits des migrant·es et des sans-papiers. Le troisième groupe, sur les luttes sociales et écologiques qu’il convient d’articuler, a insisté sur l’importance de construire un imaginaire désirable des mobilisations actuelles et des revendications offensives, de créer des transversalités entre les exigences d’empêcher les projets inutiles et imposés, de faire un travail qui a du sens, de défendre les droits universels de toutes et tous, et proposé notamment d’insister sur les enjeux de la gratuité des transports en commun et des propositions telles que la sécurité sociale de l’alimentation.

Les petits groupes de l’après-midi ont quant à eux permis d’approfondir des questionnements communs et d’ouvrir des débats plutôt que de les trancher. Si tout·es les participant.es partageaient l’exigence unitaire, le premier groupe consacré à la NUPES a constaté des appréciations divergentes au sujet de ses apports et limites, des possibilités de relancer aujourd’hui la construction d’un tel front ou rassemblement de la gauche, électoral et au-delà, nécessaire en particulier face à la menace d’extrême-droite. Après une double introduction sur les enjeux européens et le scrutin de juin 2024, le deuxième groupe a discuté des diverses options tactiques sur la table à ce stade pour les élections européennes (alliance avec la FI, campagne électorale autonome, campagne non électorale) mais surtout mis en avant différents thèmes pouvant être abordés dans le cadre d’une campagne : les droits des migrant·es et la liberté de circulation et d’installation (contre Frontex et les politiques européennes de répression et d’externationalisation des frontières), le développement de la démocratie à tous les niveaux – qui passe par une rupture avec  les traités européens – la question du soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, qui doit être aussi l’occasion de se battre pour une autre Europe, celle des travailleuses et des travailleurs, des droits sociaux, de l’écologie, de l’égalité, de la solidarité entre les peuples et de la démocratie. Enfin, le troisième groupe sur le féminisme et la démocratie dans l’organisation, a identifié des questions à travailler pour une nouvelle force politique, parmi lesquels la définition de notre féminisme (des 99%), d’un projet global pour une société démocratique, la lutte nécessaire contre les faits antidémocratiques et patriarcaux dans nos pratiques militantes, la solidarité avec les luttes féministes au niveau international, la place des femmes voilées et minorisées dans nos organisations, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, la mise en place de pratiques alternatives, la question des horaires et des temporalités du militantisme. Ce groupe a aussi suggéré de travailler autour d’une charte féministe et démocratique pour une nouvelle organisation politique.

La journée s’est conclue par une discussion en plénière autour des projets que nous souhaitons porter dans les semaines et mois qui viennent pour être utiles, tout en continuant à poser les bases d’une nouvelle force politique. Ont été unanimement adoptées les propositions suivantes :

– une campagne contre tous les impérialismes – y compris l’impérialisme français – et pour l’autodétermination des peuples ;

– une campagne pour des alternatives concrètes, à la fois sociales et écologiques : la gratuité des transports en commun, la sécurité sociale de l’alimentation… ;

– la création de groupes de travail thématiques ;

– la production de matériel et une présence commune dans les manifestations, notamment de soutien au peuple palestinien ;

– le lancement d’un rendez-vous mensuel en visio pour approfondir les questions de pratiques militantes et de démocratie dans l’organisation.

Le groupe d’animation, qui reste ouvert à toutes et tous, est chargé d’organiser la mise en œuvre de ces propositions. Nous appelons à la poursuite de rencontres et discussions sous la forme de forums locaux, d’initiatives locales, régionales et nationales dans le cadre des campagnes proposées, et de toutes formes de démarches, notamment au niveau des villes et des quartiers, qui pourront sembler à nos militant·es utiles et constructives. Contre les menaces fascisantes, les catastrophes écologiques, le patriarcat, le productivisme, tous les impérialistes et tous les racismes, la perspective reste bien celle de construire une nouvelle organisation politique anticapitaliste, démocratique, révolutionnaire et pluraliste, pour la justice, les égalités, les droits, les libertés et la démocratie. Construire l’alternative, c’est urgent, c’est nécessaire et c’est possible !